Certains auteurs du XIXème siècle, comme le docteur Perron, traducteur d'un vieux traité d'hippologie arabe, le Vacéri, auquel il apporta une introduction, ont répandu une thèse déjà ancienne disant que le cheval était originaire d'Arabie. Ils étaient convaincus, de ce fait, que le cheval avait toujours existé dans ce coin du Monde, conviction appuyée encore par la tradition arabe, ou plutôt musulmane, ("Je t'ai appelé cheval, je t'ai créé arabe..."). Les musulmans, qui donnèrent un certain éclat prophétique au cheval arabe, ne pouvaient donc imaginer que celui-ci n'avait pas toujours existé en Arabie si ce n'est en Egypte dont provenait Zad-el-Rakib, étalon des écuries de Salomon et l'un des soi-disant fondateurs de la race. Lady Wentworth, dans ses nombreux ouvrages dont "The Authentic Arabian Horse" (1962) suit la légende, sans doute par l'amour inconditionnel qu'elle porte au cheval arabe. Selon ses dires, celui-ci est né dans la Péninsule arabique et a échappé à tout mélange. L'Anglais William Youat, le colonel vétérinaire Duhousset « Notice sur les chevaux orientaux » (1862) et quelques autres, en s'appuyant sur des témoignages fournis par la Bible (qui ne décrit jamais les arabes comme des cavaliers mais des chameliers), sur les textes de certains auteurs grecs et latins, comme Strabon (8 av. J.-C.-25 ap. J.-C.), et sur l'histoire des Assyriens, soutenaient que le cheval arabe trouvait ses origines en Asie et n'avait pas toujours existé an Moyen-Orient. Piètremont, à qui l'on doit la remarquable étude "Les Chevaux dans les Temps Préhistoriques et Historiques" (Librairie Germer Baillières, Paris 1883), s'acharna à défendre une thèse identique relevant l'absence de chevaux dans la Péninsule arabique dans les temps antérieurs à la fin du IIIème millénaire, ramenant les croyances musulmanes à la pure légende, brisant par là-même les propos de Perron et les croyances arabes.
Au début du XXème siècle, le professeur Ridgeway, le professeur Keinach (revue d'Anthropologie, 1903, tome XIV) et L. Mercier (traducteur d'Ibn Hodeil el Andalousi) affirmèrent que le cheval arabe trouvait sa souche en Afrique. Ils argumentaient que la perméabilité de la mer Rouge entre l'Abyssinie et le Yémen avait permis l'introduction de chevaux dans la Péninsule. Cette thèse pouvait d'ailleurs se confirmer avec les écrits sur Salomon disant que le Grand Roi avait fait venir ses chevaux d'Egypte (Livre des Rois). Cette éventualité n'est cependant acceptable qu'en complément à la thèse asiatique. Mais Ridgeway ira encore plus loin en prétendant que le cheval arabe n'avait trouvé son existence réelle et concrète qu'après la conquête du Maghreb par les arabes, ce que défendit aussi le professeur Lombard en 1971.
Piètremont, Youat et Duhousset semblent pourtant avoir raison quant à l'origine même du cheval et du cheval arabe, et aujourd'hui on affirme que celui-ci viendrait d'Amérique. Les paléontologues comme les américains Joseph Leidy (1823-1891) et Othniel Charles Marsh (1831-1899) ont, en effet, mis en évidence la lignée complète des fossiles qui conduisent à l'Equus Caballus (-70'000 ans). D'Amérique, le cheval aurait rejoint le continent asiatique par le détroit de Béring, non immergé à cette époque, avant de disparaître mystérieusement du continent américain, il y a 8’000 ans. L'on suppose avec l'appui de documents fossiles que les chevaux arrivés en Asie se seraient divisés en deux groupes, selon le phénomène de buissonnement expliqué par W. Herre (1958) : variation évolutive multidirectionnelle ou mutation génétique. Le premier groupe de chevaux du type mongolique, prit dès l'époque préhistorique trois directions : l'une à l'Est, vers la Chine, l'autre au Sud-Est, jusqu'en Mésopotamie, le dernier atteignant l'Europe. C'est lui qui aurait été immortalisé par les chasseurs du paléolithique sur les murs de la grotte de Lascaux et utilisé plus tard par les Sumériens, les premiers hommes à avoir laissé un langage écrit.
L'autre groupe, celui du cheval Aryen, ne quitta les hauts plateaux d'Asie qu'à l'époque historique. Il vint avec les vagues successives d'Indoeuropéens qui descendirent jusque dans les plaines du Moyen-Orient.
