Le croissant fertile, berceau de la race arabe
Certains chevaux aryens, comme ceux qu'utilisèrent les Assyriens, provenaient des régions des alentours de la mer Caspienne et furent implantés entre le Tigre et l'Euphrate (la Mésopotamie) avant d'essaimer tout le Croissant Fertile (l'Irak et la Syrie), creuset où s'est forgée la race arabe. L'archéologue Maspéro lui, lie l'apparition du cheval dans cette région à l'invasion des Hyksos, peuple pasteur venu d'Asie dans les années 1'800 av.J.-C. Mais, selon E. Schiele et d'autres spécialistes, le cheval n'aurait gagné la Péninsule arabique (Jezirat-el-Arab, l'île des Arabes) qu'au Vlllème siècle avant J-C et le sud de l'Arabie qu'au début de notre ère.
Toujours est-il que chevaux mongoliques et aryens se sont croisés en Mésopotamie, où s'est d'ailleurs faite la démarcation entre les ancêtres des races lourdes et de celles à sang chaud. De plus, il est même probable que les hordes d'envahisseurs protomongols utilisaient les deux types de chevaux. C'est lors de cette rencontre entre les deux races, en Mésopotamie, que les Sémites, Arabes et Hébreux, connurent le cheval. P. K. Hitti écrit à ce sujet : « (....) l'amalgame de ces deux races a donné aux Babyloniens, qui ont l'honneur avec les Egyptiens de nous avoir légué les fondements de notre héritage culturel». L'origine du cheval arabe serait donc double: mongolique (comme l'a prétendu le professeur Sanson) et aryenne (selon Piètremont qui admet pourtant que les chevaux des mystérieux Hyskos aient plutôt été du type mongolique). L'on trouve d'ailleurs certains traits distinctifs des deux types chez le cheval arabe.
Certains propos semèrent le trouble. En effet, Sanson, Mauwy, Lady Wentworth, etc... définirent deux types de chevaux arabes qui se distinguaient non seulement par leurs caractères craniologiques mais aussi par le nombre de vertèbres lombaires, cinq ou six. Mais, comme l'a justement prétendu le naturaliste Goubaux, la présence de cinq ou six vertèbres n'est pas un caractère de famille.
L'Egypte, autre berceau de la race
Avec les Hyksos qui firent subir aux pharaons leur première invasion en 1'700 avant J-C, les chevaux parvinrent en Egypte attelés à des chars de guerre. Au début, seuls les grands personnages d'Egypte se mirent à en élever, lui conférant un caractère de noblesse. Encore n'était-ce que pour les atteler, car l'équitation apparaissait comme dangereuse aux sujets du pharaon. Un cheval attelé figure pour la première fois dans une oeuvre picturale égyptienne (tombe de Menna, Thèbes) dans les années 1'550 avant J-C, confirmant la thèse de son introduction par les Hyksos.
Le cheval égyptien serait au moins partiellement à l'origine du cheval barbe et du cheval arabe, ce qu'appuient, comme nous l'avons vu, certains écrits anciens et modernes ainsi que les textes sur les chevaux de Salomon. Il n'en demeure pas moins que la race arabe trouva dans ce pays une terre de prédilection et, jusqu'à nos jours, le sang égyptien imprégna grand nombre de chevaux arabes.
