Skip navigation.
Home

Les chevaux d'Allah

La destinée fantastique du cheval arabe est liée étroitement à l'Islam. C'est en son nom, en effet, qu'il conquit le monde. C'est donc volontairement que nous associons à l'histoire du cheval arabe celle de Mahomet et de ses successeurs qui furent tous ses fervents protagonistes.

A la gloire d'Allah
"C'est bien, tu as choisi ta gloire et la gloire éternelle de tes enfants; tant qu'ils existeront, ma bénédiction sera sur eux, car je n'ai rien créé qui me soit plus cher que l'homme et le cheval."

La Péninsule arabe présentait des aspects géographiques contrastés avec, dans sa bordure occidentale montagneuse, le Hedjaz et le Yemen, une zone d'agriculture sédentaire. C'était "l'Arabie heureuse" le pays de l'encens et de la myrrhe. Si les régions côtières virent s'établir des villes et des états, le centre restait le domaine du désert réservé aux Bédouins nomades, chasseurs et adeptes des razzias. Mais, à la conquête du Sud par les Sassanites, le commerce prit une grande ampleur, enrichissant les marchands, et supplantant le troc par le dinar et le dirham. Les Bédouins ne purent se tenir à l'écart de ce phénomène et virent leurs sens de l'honneur, de la solidarité et de la poésie chevaleresque surplantés par une réalité plus prosaïque: l'appât du gain. Les conflits religieux se mêlaient aux rivalités entre tribus, dont le cheval était parfois la cause. A cela s'ajoutaient les agressions abyssines et perses. Il régnait donc un état de tension perpétuelle que les armes finissaient toujours par aggraver. Dans ce monde tourmenté, les esprits inquiets pouvaient sentir le besoin d'une solution nouvelle. Mahomet l'apporta. Ainsi, d'ailleurs, Montesquieu résuma les choses: " Ellus Gallus trouva les Arabes commerçants, Mahomet les trouva guerriers, il leur donna l'enthousiasme et les fit conquérants."

Les chevaux de prophète
Mohammet ibn Ahdallah, que les occidentaux nommeront Mahomet, appartenait à la famille de Hachim. Cette famille, bien que peu fortunée, était l'une des plus importantes de la tribu des Koraichites, qui constituait l'aristocratie mecquoise. Orphelin jeune, élevé par son oncle, il aurait passé son adolescence à conduire des caravanes. Lui qui était issu d'une tribu sédentaire, ignorante des choses du cheval, aurait peut-être puisé dans cette occupation son goût pour les chevaux. A moins qu'il se soit intéressé au noble animal tout simplement durant son enfance, en voyant les marchands traverser la Mecque, en selle sur ces animaux pleins de vitalité et beaux comme le jour. Sa première jument, selon la légende, lui fut offerte par l'ange Gabriel en même temps que le message qui allait lui révéler sa foi monothéiste. Elle s'appelait Borak.

Adulte, marié à la riche Khadidja, Mahomet reçut, dans une grotte des environs de la Mecque , son ordre de mission prophétique. Les débuts de son apostolat furent difficiles. Ridiculisé, insulté et traité d'imposteur, il ne recruta que quelques disciples parmi les humbles de la ville et les bédouins. Il s'exila dans la cité de Yatrib, Madinat al-Nabi, Médine, qui veut dire la ville du prophète, et y trouva une certaine audience, les habitants étant déjà préparés à l'idée du monothéisme par la présence d'une colonie juive.

Le Prophète réalisa bien vite l'aide que pourrait lui apporter le cheval dans sa mission. Il réussit à s'allier des Khazradji, cavaliers de la tribu des Azdites (tribu "qui aimait les chevaux" et qui, selon la tradition, aurait reçu son premier cheval de Salomon ). En partie grâce aux quelques chevaux de ceux-ci, il obtint, à Bedr, sa première victoire sur les mecquois (624) qu'il avait décidé de soumettre. Mais Mahomet perdit la seconde bataille où ses ennemis avaient jeté plus de 200 chevaux. Cela confirma dans l'esprit de Mahomet l'utilité guerrière du cheval . En 627, les mecquois menacèrent Médine, alignant 300 coursiers devant la ville mais Mahomet, appuyé par trente six cavaliers et aidé par son sens de la stratégie, sortit victorieux. Ainsi, il se vit ouvrir les portes de la Mecque. Toutes ces batailles étaient des affrontements « à la bédouin », avec combats singuliers , déclamations poétiques, galopades et mêlées peu sanglantes mais riches en butin, dont des chevaux, pour le glorieux vainqueur.

copyright 2009 Harasdebellevue.com

There are currently 0 users and 1 guest online.