Les territoires des tribus de Bédouins étaient différents les uns des autres. Ces différences de sol et de climat apportèrent des modifications morphologiques chez les chevaux qui y étaient élevés. De plus, les besoins des Bédouins différaient de ceux des pays qui importèrent et élevèrent des chevaux arabes. Les uns ne cherchaient que la robustesse, la docilité et la rapidité alors que les autres se préoccupaient davantage des qualités esthétiques. La sélection fut donc menée différemment.
Les souches egyptiennes
Elles sont restées proches du cheval oriental, dont, comme nous l'avons vu, l'Egypte est l'un des creusets. Le haras d'EL Zaharaa a su maintenir un cheval typé, avec des tissus secs et beaucoup d'expression malgré des membres un peu faibles. L'étalon égyptien marque beaucoup sa descendance à laquelle il transmet ses qualités plus que ses défauts. En dehors d'Egypte, les étalons égyptiens les plus marquants sont Habdan Enzahi stationné au haras de Marbach, en Allemagne et Aswan qui fut le sire du haras russe de Tersk.
Les souches polonaises
Constituées au début du siècle avec, comme grand atout, une sélection particulièrement judicieuse et bien organisée, les souches polonaises ont eu la faveur des éleveurs tant américains qu'européens. En plus des chevaux orientaux de grandes qualités qu'avait importés la Pologne, l'étalon français Nedjari joua un rôle prépondérant. Le cheval arabe polonais est bien typé.
Les souches russes
L'une des caractéristiques de l'élevage russe demeure, comme l'a mentionné le Dr Davério, dans la sélection essentiellement basée sur la course. Les arabes russes sont, en général, d'une taille plus importante que les autres arabes. Les fils du français Denousté qui furent importés en Russie et l'Egyptien Aswan ont particulièrement marqué l'arabe russe.
Les souches espagnoles
L'originalité des souches espagnoles constituées depuis le milieu du XIXème réside dans le fait qu'elles demeurèrent vierges de tout croisement avec d'autres souches européennes et même égyptiennes. Le cheval arabe espagnol convient très bien à toutes les utilisations sportives.
Les souches anglaises
Bien entendu, elles découlent de leur base que fut Crabbet Park mais elles subirent, par la suite, un important apport de sang égyptien, polonais et espagnol. L'arabe anglais est sélectionné avec une nette orientation vers le show, les concours "modèles et allures", le polo, et la chasse.
Les souches françaises
Se référer à l'article du Dr Davério.
Les souches allemandes
Le haras de Machbach qui, comme nous l'avons vu, prit la suite du haras de Weil, joua un rôle prépondérant dans la constitution des souches allemandes. L'un de ses étalons, Hadban Enzahi, importé d'Egypte apporta une contribution précieuse à l'arabe allemand. Les croisements des souches allemandes fortement imprégnées de sang égyptien avec des origines polonaises, hongroises, espagnoles et russes ont donné de très bons résultats. D'un type oriental bien marqué, l'arabe allemand est assez grand et particulièrement solide.
Les souches maghrebines
Erigées par l'armée française, les souches maghrébines ayant pour bases des reproducteurs français et orientaux, ont été orientées sur le cheval de guerre et de sport, comme en France. A leur indépendance, le Maroc, la Tunisie, l'Algérie ont conservé ces souches auxquelles ils ont apporté du sang égyptien et espagnol, éloignant l'arabe du Maghreb de son type ancien, sauf peut-être et partiellement en Tunisie. Ce pays continue d'ailleurs d'importer des étalons égyptiens.
Les souches américaines
Elles se constituèrent sur les nombreuses importations polonaises, anglaises, espagnoles et allemandes. Longtemps sélectionné pour le "show". L'arabe américain se caractérisa surtout par son modèle "féminin", véritable gravure de mode. L'utilisation de l'arabe dans le sport, le travail du bétail et le développement actuel des courses qui lui sont réservées lui ont malgré tout conservé certaines qualités autres que celle d'un animal de présentation. Mais de mauvaises expériences ont été faites par les européens qui se sont laissés trop séduire par les arabes américains.
Les pères du pur-sang anglais
Parmi tous les chevaux arabes, ceux qui ont apporté le plus, génétiquement tout au moins, sont les fondateurs du pur-sang anglais Bierley Turk : Darlev Arabian et Godolphin Arabian.
Godolphin Arabian, bien que la tradition lui ai attribué une origine barbe alors que d'après la désignation qui lui a été maintenue, il est bel et bien arabe, est aussi célèbre par son histoire que par l'extraordinaire progéniture qu'il a laissée. Le Godolphin fut acheté à Paris où il tramait un ignoble charme. Par quelle série de vicissitudes, était-il tombé si bas? Nul ne le sait. Néanmoins, il est vraisemblable que le cheval ait été offert à Louis XV par le Bay de Tunis. Après avoir attiré la curiosité du roi, dit Eugène Sue, il fut traité avec dédain. Offert à un palefrenier, il arriva chez un marchand d'eau. Le cheval, qui ne pouvait contenir sa fougue, renversa avec sa charrette M. Coke, un Anglais, qu'une exposition aux Gobelins avait amené à Paris. Celui-ci acheta le cheval. Aprés avoir passé dans les mains d'un propriétaire de taverne londonien, il arriva au haras de Lord Godolphin. Gog-Magog, avec le rôle de "souffleur" pour le célèbre Hobgobelin. Peut-être s'échappa-t-il et alla saillir la jument Roxana après une lutte à mort avec Hobgobelin, comme l'a peint Rosa Bonheur ou, plus prosaïquement, l'étalonnier l'aurait-il utilisé pour couvrir Roxana, le vieil Ilobgoblin refusant d'accomplir sa tâche? Toujours est-il qu'il engendra LA qui fut le meilleur cheval de son époque. Enfin, l'histoire de Godolphin ne serait complète sans parler du chat avec lequel le cheval s'était lié d'amitié. A sa mort en 1753, le chat se laissa dépérir.
La descendance de Godolphin Arabian et de ses congénères Darlev Arabian et Bierley Turk alla en s'améliorant grâce à la sélection sévère des Anglais. Vinrent alors Matchem, Herod et Eclipse, descendants des trois orientaux, considérés comme les chefs de la race du pur-sang anglais, qui fut alors définitivement fixée.
