"Le sang arabe, c'est de l'acier en fusion. Il ne se mélange pas, il fond tout.
II sépare d'avec tout..."
Jules Roy. Le Tonnerre et les Anges.
Le cheval arabe doit avoir
- trois choses longues: les oreilles, l'encolure, les membres antérieurs
- trois choses courtes: l'os de la queue, le dos et les membres postérieurs
- trois choses larges: le front, le poitrail, la croupe
- trois choses pures: la peau, les yeux, les sabots
...selon Sassoah ben Souhan
Typologie
- Le type Koheilan, à forte musculature et légère dominance abdominale, tête courte et large; l'arabe classique, le type endurance.
- Le type Saklawi, plus fin, la masse abdominale et musculaire est moins importante, la tête reste courte et l'encolure allongée. La pure élégance du modèle classique de show.
- Le type Mounigi, longiligne, à tête plus étroite, proche de celle du pur-sang anglais, thorax profond à côtes plus obliques, caractéristique d'une grande capacité respiratoire. Canons courts, croupe oblique. C'est le modèle type de course.
Morphologie
Le cheval arabe s'est forgé dans le désert. Aujourd'hui, ses conditions de vie ayant bien changé, sa morphologie s'est modifiée et sa trempe de "buveur de vent" s'est quelque peu estompée. Mais l'arabe devrait toujours avoir cette ossature en parfaite harmonie avec une musculature ferme, une intelligence vive et beaucoup de tempérament. Sa tête est courte, fine aux naseaux, le front est large, les yeux sont grands, expressifs et loyaux, le chanfrein est plus ou moins concave, les naseaux sont grands. Elle est attachée délicatement à une encolure longue. Les crins sont fins et soyeux, la peau est souple et fine laissant entrevoir des veines où coule un sang bouillonnant. Les rayons sont assez longs, les épaules sont inclinées, le bras proche de la verticale. Il est bien charpenté comme on le remarque à ses jarrets robustes, bien engagés dans le déplacement. Son dos est résistant, le garrot bien sorti et la croupe presque horizontale. La queue est bien dégagée des fesses. Il est fier, plein de sang. Les allures sont amples, le pied sûr. Il allie l'élégance à la force. C'est un athlète gracieux, harmonieux, léger... A la fois "costaud" et fin, il bouillonne de joie de vivre. Son élégance n'a d'égal que sa robustesse.
Quant à sa robe, nous n'entamerons pas la discussion, tant elle est sans limite depuis que Mohamet a proné l'alezan alors que Abd el Kader a glorifié le noir. Nous avons d'ailleurs vu l'importance que les hippologues arabes portaient aux robes. Sachons pourtant que les robes principales sont l'alezan, le gris, peu apprécié des arabes, sauf s'il est truité, contrairement aux occidentaux, le bai et le noir. On prétend que les bais sont les plus rapides alors que les noirs sont plus endurants et énergiques...
Pour évoquer la pureté qui a une importance primordiale dans l'esprit des arabes, nous redirons que le cheval arabe, comme tous les autres chevaux d'ailleurs, s'est forgé une pureté car, comme nous l'avons déjà souligné, bien des croisements sont intervenus depuis son arrivée dans le désert où déjà son sang, n'en déplaise à Sanson et Piètremont, était d'une pureté douteuse.
L'arabe peut être utilisé pour la course, pour l'endurance, l'attelage, le polo, le dressage... C'est un cheval extraordinaire dont le tempérament est vraiment à la hauteur de son histoire.
